Esthétique de l’existence et malentendus

Text from www.buy-self.com

Session d’expérimentation du 19 au 25 janvier 2004

Galerie de l’Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence rue Emile Tavan 13100 Aix-en-Provence Tél: 04 42 27 57 35

Une proposition de Jean-Paul Thibeau

Faisant suite au séminaire « L’esthétique de l’existence et ses malentendus…» qui s’est déroulé du 15 au 18 décembre 2003, à l’Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence. Jean-Paul Thibeau, propose aux étudiants qui ont participé à la scénographie et au fonctionnement de ce séminaire une session d’expérimentation artistique dans la galerie de l’école avec la participation d’Alain Goulesque et de Christine Quoiraud.

Des rendez-vous avec le public auront lieu le samedi 24 et le dimanche 25 janvier.

La session d’expérimentation :

Du 19 au 25 janvier la galerie sera transformée en espace laboratoire : il s’agira d’ y explorer les interactions possibles entre la thématique de «l’esthétique de l’existence» ( «l’art de vivre» ), les champs d’investigations particulier à chaque étudiant(e), les procédures d’expérimentation proposées par J-P Thibeau, et les interventions de A.Goulesque et de C.Quoiraud, plus le hasard… C’est la possibilité de réfléchir individuellement et collectivement, d’expérimenter à plusieurs, à partir des rapports art/quotidien, corps/langage, pensée/action, poétique de l’existence. Une occasion pour explorer les rapports art / pratique comportementale / dispositif de production. Dans cette session-laboratoire se conjuguent les enjeux de l’expérimentation, de la création processuelle, et de ses manifestations (traces / communications et rendez-vous avec des tiers). Succession d’expériences singulières. Boucles, entrelacs, enchevêtrements de percepts, d’affects, de gestes, de matières, de couleurs, de saveurs, de sons, de voix, de langues, de signes…Enchaînements, articulations, constructions provisoires… Explorer, ruminer, traverser des états de corps, de conscience, de faire, de fabrication…

Ce qui en découlera sera le fruit des différentes expérimentations accumulées, distinguées, choisies. Articulation des diverses préoccupations témoignées, coopération des individus entre eux, le travail de mise à vu n’est pas sans requestionner, relancer les expérimentations antérieures. Quelle expérience, quel témoignage, quelle adresse pour quels invités, quels interlocuteurs ? Comment “habiter”, “pratiquer” un lieu afin de le rendre lui aussi perméable aux enjeux ? Il sera un frottement entre le laboratoire, l’atelier, le gymnase des faits pratiques et artistiques… Espace limite qui sera construit, déconstruit par les durées, les activités, les traversées, les rendez-vous …Des rythmes, des gestes, des aires, des variations, des partages, de l’accueil et bien évidemment ce que l’on sait pas …

Notre conviction est que c’est le langage même de l’exposition (de la manifestation) qu’il faut dé-construire (situation / configuration / durée / dispositif provisoires…), transformer l’espace en croisement de lieux pratiqués par diverses activités aussi bien répétitives et que variées…..

Les protagonistes :

La session est coordonnée par Jean-Paul Thibeau (artiste et enseignant-chercheur)

Les participants : Aurélien Boyer (techniques mixtes, installations) , ETO (techniques mixtes, installations), Masako Hattori (installations), Thomas Michalak (son, multimédia) , Anna Orliac (sculpture évolutive) , Stefan Piat (multimédia), Eric Praly (divers média), Aurore Seignour (vidéo), Hania Zazoua (multimédia) (étudiants et étudiantes de 4ème année en art).

Les invités :

Alain Goulesque (artiste plasticien, directeur du Musée de l’Objet et de l’Ecole d’Art de Blois), et Christine Quoiraud (danseuse-marcheuse et chorégraphe, en résidence actuellement au «3bisf» à Aix )

Collaboration et suivi du projet : Odile Baurens ( artiste et médiatrice)

Rendez-vous avec le public :

Samedi 24 janvier de 16h à 22h : accueil au sein du dispositif avec la présence des différents participants et d’Alain Goulesque .

«Fréquenter les seuils; l’architecture fébrile exige du mouvement, se déplacer à l’intérieur des espaces construits ou déconstruits, créer des activités d’un nouvel âge où le promeneur dérive, stocke et destocke les matériaux de la pensée somnambule. Perdre du temps, chercher à coloniser les phénomènes, longer des temps d’une étroitesse infinie, tourner à droite là où le corps s’étire. Laisser la parole et les gestes en avant des idées, penser après, surtout penser… Trouver quoi chercher, chercher de quoi trouver. Produire des zones de suspensions, des ateliers du bord du temps, mobiles, limitrophes et fébriles. L’avenir est aux activités déambulatoires.» Alain Goulesque ( juin 2003)

Dimanche 25 janvier de 10h à 16h : Rendez-vous avec Christine Quoiraud qui proposera une marche-découverte dans le quartier du Faubourg. – Rendez-vous à 10h à la Galerie de l’Ecole d’Art. La proposition s’échelonnera de 10 à 16h (Prévoir pique-nique) – Pour rejoindre les marcheurs en cours de route contacter le 06 20 42 57 22.

«Marcher, danser un mode de vie; laisser circuler les idées; d’une frontière à l’autre, passer, influencer et se laisser influencer. Chaque pas se développe en propre . Chacun a sa pesanteur, son appui, sa réalité. Aucun pas n’est identique. Essayons de ralentir et voyons ce qui se passe. Marcher c’est toujours être un. danser c’est s’immiscer dans un corps plus global ou plus détaillé. Marcher comme danser génère des désirs que l’on ignorait, en soi-même, pour les autres. Je le constate » Christine Quoiraud (13 décembre 2003)

Rappel du séminaire : « L’esthétique de l’existence et ses malentendus…»

Esthétique de l’existence : recherche d’un état d’esprit pour un art qui ne veut pas devenir un simple jouet d’esthète. Un art qui devient progressivement une manière d’être, une expérience éthique et esthétique qui «transforme» l’existence elle-même. Pendant ce séminaire ont été abordés et confrontés différents points de vue sur l’esthétique de l’existence: variation sur l’expérimentation et la construction d’un « soi artiste » et ses conséquences (images, statuts, activités de l’artiste aujourd’hui…). Cette thématique constitue tout au long de l’année , l’objet de recherche et d’activités concrètes pour le groupe d’étudiants de 4ème année qui a participé à la préparation, à la scénographie et au fonctionnement de ce séminaire. Les invités de ce séminaire étaient : Alain Buffard (danseur et chorégraphe), Nicolas Bourriaud (critique et curator), Maurizio Lazzarato (philosophe et sociologue), Olivier Bardin (artiste), Jean-Christophe Royoux (critique d’art et curator), Joëlle Zask (philosophe), Alain Bernardini (artiste), Jean-Claude Moineau (théoricien de l’art ), Anonymal (collectif d’artistes).

Esthétique de l’existence: C’est aussi une manière, une occasion d’interroger certaines polarités: rapport corps / pensée et rapport quotidien / art , etc. Il parait de plus en plus évident que l’art s’interroge sur autre chose que sur lui-même et il n’est véritablement art qu’à cette condition… Il débouche sur une politique de soi qui rend dialogique le rapport aux autres, au monde … Ce qui prédomine dans la plupart des tendances qui se sont succédées, sur ce versant de l’art, c’est soit la volonté de faire de la vie de l’auteur une expérience à part entière en tentant de lui donner une forme – soit l’exercice de penser l’existence tel un atelier et une oeuvre à la fois, où les tâches sont à explorer jour après jour dans l’impermanence des faits et dans un devenir insu.

More for Auto-picno